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Semaine des avenirs 2021 : D’importantes perturbations à l’horizon

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La directrice générale d’Horizons de politiques Canada, Kristel Van der Elst, explore les domaines de changement important et leurs incidences possibles sur notre environnement et nos systèmes de politiques stratégiques.

Conférenciers

Kristel Van der Elst, directrice générale

Transcription

KRISTEL VAN DER ELST:

En nous tournant vers l’avenir, il y a plusieurs domaines de changement, en ce moment même, qui encadrent nos stratégies en matière de politiques publiques. Les résultats de ces changements pourraient modifier nos systèmes humains et naturels. L’idée d’un changement à cette échelle peut sembler accablante, surtout après une année très difficile, mais nous pensons qu’il y a de l’espoir, et que c’est en explorant ce qui pourrait arriver que nous pouvons mieux nous préparer et que nous pourront, peut-être, en tant que décideurs politiques, en tant que gouvernement du Canada, influencer ce qui va se passer et c’est ça qui est vraiment au coeur de notre mission ici à Horizons de politiques Canada. Alors parlons de ces domaines de changement au cours des prochaines décennies.

La pandémie a fait plus de 3 millions de morts dans le monde et malgré les vaccins ,il y a encore beaucoup d’incertitude par rapport à notre capacité de contrôler le virus et ses mutations, et aussi partout dans le monde. Mais au delà de la COVID-19, le changement climatique et les stress environnementaux peuvent vraiment donner lieu à une cascade de risques sanitaires et d’urgences mondiaux et nous pourrons nous trouver ainsi dans un état perpétuel préparation et de réponse aux situations d’urgence

Et tout ceci aura bien sûr des impacts économiques. On le voit déjà : les chaînes d’approvisionnement sont en train d’être revues au nom de la résilience et les perspectives pour la croissance économique et le commerce mondial sont incertaines. Par contre, les inégalités au niveau local et au niveau global se creusent de plus en plus, et la COVID et la pandémie y ont contribué.

Un autre domaine de changement clé que nous voyons est la technologie numérique. Bien sûr, la technologie numérique est là depuis longtemps, et la numérisation s’est beaucoup accélérée pendant la pandémie. Mais beaucoup d’autres changements nous attendent, parce qu’il y a toute une infrastructure numérique mondiale qui prend forme avec des technologies qui mûrissent, de l’Internet des objets aux chaînes de blocs, à l’intelligence artificielle, et ainsi de suite.

Alors imaginez maintenant, imaginez l’impact potentiel d’une capacité à large échelle d’impression en 3D. Comment cela pourrait toucher des milliers de gens pour qui la vie est actuellement trop chère, ou imaginez que vous allez pouvoir essayer des vêtements et vous les faire livrer, sur mesure, par un tailleurs qui habite à l’autre bout du monde et qui a été trouvé pour vous, par votre assistant personnel fondé sur l’intelligence artificielle.

Ça fait rêver, non? Pouvoir produire ces matériaux et services à moindre coût avec moins d’intervention humaine change radicalement les paramèetres de notre économie de marché. Cela influencera les modèles d’entreprise qui l’emporteront. Cela changera aussi le prix des biens et services, mais aussi les salaires, les taux d’intérêt, les loyers, et ça changera profondément la nature du travail. Mais à mesure que ces technologies se répandent, nous voyons aussi que les humains pourront être éliminés des chaînes d’approvisionnement, pas seulement dans le but d’optimiser les profits en réduisant le coût du travail, mais aussi pour réduire les risques liés à la santé et aux comportements humains. Alors on peut se demander ce que cela voudrait dire pour les taux d’emploi.

Mais les technologies numériques n’affectent pas seulement nos biens matériels et notre environnement bâti. Nous voyons que les technologies numériques et biologiques convergent, et viennent renforcer ce phénomène. Cela nous positionne au tout début d’une expansion révolutionnaire des sciences de la vie, de la technologie et de la biotechnologie, donc, encore une fois, imaginez ce que cela voudrait dire, si vous pouviez changer de corps facilement. Si vous pouviez créer de nouveaux organismes à moindre coût ou, si vous pouviez modifier ou reconcevoir nos écosystèmes, ou une partie, à grande échelle ou de manière substantielle.

La convergence bionumérique a vraiment le pouvoir de transformer les modèles économiques et commerciaux. Elle peut aussi transformer des secteurs entiers. Elle peut mener à terme à l’effondrement des avantages stratégiques compétitif de certains régions. Mais l’innovation bionumérique peut également constituer une nouvelle source importante d’emplois et de richesses et tout comme la numérisation de l’économie, la convergence numérique soulève aussi bien des enjeux liés à la sécurité, la confidentialité, la confiance, l’équité et les droits de la personne.

Mais au-delà de ces changements technologiques, nous voyons aussi des transformations sociales très profondes. La COVID-19 nous a montré que les connexions sociales sont vraiment essentielles à la résilience sociale. La solitude était déjà répandue avant la pandémie, mais ce sentiment, combiné avec l’isolement social, peut avoir des conséquences graves dans l’avenir sur la santé physique et mentale des populations, et pourrait stresser les systèmes de santé, les services sociaux, mais aussi la productivité et le bien-être en général.

De grands changements se produisent aussi dans la façon dont nous obtenons des informations et les transformons en actions ou décisions, ou dans la façon dont nous donnons un sens au monde. Ce sont nos partis-pris, nos sources d’information et nos perspectives qui semblent tous être de plus en plus polarisés et concurrentiels. Au moins, la polarisation est plus visible. Cela se produit à différents niveaux de la société, nous le voyons au niveau individuel, collectif, et même au niveau national.

Pourtant, la création de sens joue un rôle déterminant dans la confiance accordée aux institutions. Elle définit ce que nous pensons vouloir. Elle définit ce que nous trouvons acceptable dans de nombreux domaines, que ce soient les données libres, les limites éthiques de la bio-ingénierie ou les migrations dues aux inégalités, pour ne citer que quelques exemples.

Et retrouver une certaine forme de cohérence sociale devient d’autant plus important que nous n’avons pas encore résolu comment, voire si, nous pouvons vivre à l’intérieur de la capacité de charge de nos écosystèmes. Les aspects physiques du changement climatique devraient s’intensifier, certainement à partir des années 2030. Et cette réalité là, elle accélère les pressions migratoires, elle précipite nouveaux défis sanitaires et intensifie l’instabilité politique et les crises humanitaires.

Et enfin, la gouvernance mondiale semblait être à la croisée des chemins la manière dont l’avenir va se dessiner influencera les marchés, les normes et notre capacité à répondre à ces défis mondiaux. Par exemple, la polarisation des valeurs et les bouleversements économiques pourraient être à la base d’une concurrence stratégiques émergentes entre nations ou blocs. Et cette compétition pourrait aussi conduire à une refonte de certaines alliances et à un cloisonnement du développement technologique et de l’innovation.

Donc, ces six grands domaines de changements, ils ne sont pas indépedants les uns des autres. Ils s’entremêlent et ils impliquent des intervenants aux valeurs, perspectives et priorités trèes différentes. Mais c’est l’impact systémique combiné qui pourrait transformer la façon dont les Canadiens donnent un sens à leurs choix économiques et sociaux. Il pourrait affecter la capacité des Canadiens à se connecter les uns aux autres, et leurs modes relationnels. Et il pourrait affecter nos capacités individuelles et collectives à nous trouver un chemin dans ces grands changements en cours. Et c’est pour favoriser notre résilience dans nos économies et nos vies sociales que les Canadiens devront acquérir non seulement les savoir-faire techniques et professionels requis dans un environnement changeant, mais aussi les compétences humaines et sociales qu’il faut pour s’épanouir dans ces domaines d’incertitude et de changement.

Donc, en tant que fonctionnaires, nous devons tous pratiquer la prospective, nous devons tous réfléchir à ce qui pourrait arriver à l’avenir, et nous devons tous penser aux types d’avenir que nous créons pour les Canadiens. Tout particulièrement maintenant. La pandémie a accéléré beaucoup de ces tendances, et dans beaucoup de cas, elle a été un véritable catalyseur, et oui, cela a ouvert le champ des possibles, et mis au jour beaucoup de vulnérabilités dans nos systèmes. Mais alors que nous pensons que l’éventail des choix et des opportunités que nous avons maintenant est plus large, le temps dont nous disposons pour nous préparer ou pour réagir aux changements qui s’accélèrent dans notre environnement stratégique, est aussi plus court.

Donc nous devons nous préparer pour un changement important, un changement significatif, qui aura des échos dans tous les aspects de notre vie, mais en tant que fonctionnaires, nous avons un rôle à jouer, et pouvons influencer le résultat de ce changement pour les Canadiens d’aujourd’hui et pour toutes les générations futures.

Pour en savoir plus sur la prospective et pour lire nos plus récents rapports, visitez horizons.gc.ca

Mots-clés :
Policy Horizons | Horizons de politiques

Horizons de politiques Canada, également connu sous le nom de Horizons de politiques, est une organisation au sein de la fonction publique fédérale qui mène des activités de prospectives stratégiques sur des enjeux transectoriels qui informent les fonctionnaires sur les conséquences des politiques publiques possibles au cours des 10 à 15 prochaines années.

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