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L’avenir de la citoyenneté

Chris Hagerman
L’avenir de la citoyenneté
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Toute société démocratique repose sur un consensus au sujet de la citoyenneté, de ses conditions et des droits et responsabilités qu’elle confère. Cette définition commune transcende les différences culturelles et régionales et favorise la cohésion sociale. Toute remise en question ou modification importante de cette définition commune risque donc perturber fortement le sentiment d’appartenance et les institutions démocratiques au Canada.

D’après nos recherches les plus récentes (automne 2019 1, une forte majorité de Canadiens préfère la démocratie à d’autres régimes. Cette proportion est d’ailleurs en forte augmentation (elle était de 65 % en 2017). Une majorité d’entre eux (62 %) fait preuve d’un engagement civique, surtout à l’échelle de la communauté, ce qui correspond bien à une attitude positive envers la démocratie. Voilà pour les bonnes nouvelles.

Moins réjouissant, une proportion non négligeable des répondants (44 %) se dit insatisfaite des possibilités d’exercer le droit de prendre part à la politique. Ils sont encore plus nombreux (60 %) à juger que l’éducation civique actuelle ne suffit pas à donner aux citoyens le sens de leurs droits ni de leurs responsabilités. Il semble aussi que la notion de citoyenneté ne soit pas totalement inclusive : un sondage récent montre qu’un tiers à un quart des Canadiens considèrent que les citoyens nés au Canada devraient avoir plus d’influence sur la vie politique (c’est à dire avoir plus de droits de participation à la démocratie) que les Canadiens naturalisés.

Il est impossible de prédire les implications de ces vues au sujet du droit à la participation démocratique ou du décalage entre l’idéal inclusif de la citoyenneté et son association à la notion de mérite. Cependant, il paraît logique que de tels contrastes pourraient mener à une remise en question des normes démocratiques et éroder la cohésion sociale. Les efforts des organismes populaires pour encourager la participation civique pourrait mener les pouvoirs publics à mettre à l’essai de nouveaux modes de délibération qui favoriseraient l’implication des citoyens et leur satisfaction des citoyens vis-à-vis des institutions. De même, une réforme importante et constructive des institutions et des programmes qui forment les citoyens à leurs responsabilités est envisageable. En revanche, si l’idée d’une citoyenneté différenciée fondée sur le droit du sol acquis à la naissance gagne du terrain, le Canada pourrait être confronté à de nouveaux conflits sociaux et politiques.

Source :

1 Chiffres tirés du Strengthening Canadian Democracy Project mené par le Morris J. Wosk Centre for Dialogue de l’université Simon Fraser. Voir notamment les rapports en ligne sur l’état de la démocratie et l’influence du populisme (pp. 5 et 6, en anglais seulement) et sur la confiance, la participation et l’appartenance (p. 6, en anglais seulement).

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Chris Hagerman
Chris Hagerman

Chris Hagerman est un universitaire en voie de rétablissement avec une formation en histoire de l'impérialisme ancien et moderne. Il est presque sûr que quelqu'un, quelque part, a dit que le passé est un prologue et il tient à voir si le dicton tient lorsqu'il applique son expérience d'historien au travail de prospective. Dans son temps libre, il écrit, fabrique des pagaies et des skis, et sert de majordome à deux charmantes filles.

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