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Perspectives et points à retenir suite à la Conférence annuelle ESPAS 2019

Kristel Van der Elst
Kristel van der Elst at ESPAS 2019
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Le 15 octobre 2019, Kristel Van der Elst, chef exécutive d’Horizons de politiques, a assisté à la Conférence annuelle ESPAS 2019 (disponible en anglais seulement) afin de présenter des réflexions sur les défis mondiaux qui pourraient impacter l’avenir.


Vidéo

Cette vidéo est disponible en anglais seulement, avec sous-titres en français.

Cette vidéo a été fournie par ESPAS dans le cadre de la Conférence annuelle ESPAS 2019: https://ec.europa.eu/epsc/espas-annual-conference-2019-videos_en (disponible en anglais seulement) © Union européenne, 1995-2019

Transcription

Kristel Van der Elst :

Je ne vais pas tout résumer, parce que comme n’importe qui dans ma situation le dirait, la discussion était beaucoup trop riche pour cela. Mais parmi les choses que j’ai retenues, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai entendu parler des valeurs, parce que je me souviens des conversations de l’an dernier sur les politiques fondées sur des données probantes et le terme « valeur », que les décisions sont fondées sur des valeurs. Le sujet était assez tabou l’an dernier, mais il a été très ouvertement abordé cette année.

Donc, quand on parle de changements géotechnologiques, de changements économiques, de changements politiques, etc., ce n’est pas tant de l’éventualité d’un affrontement que l’on parle, mais bien des valeurs, n’est-ce pas? Et le commissaire Malmstrom a dit que la façon dont on aborde les valeurs dans les négociations et les discussions internationales et dont on les exporte avait en fait trait à certains de ces énoncés de valeurs communes que nous avons, comme les droits de la personne, etc.

Cependant, si nous pensons à l’avenir, si nous nous dirigeons vers un monde multipolaire, où les valeurs deviennent plus importantes, où nous n’avons plus les systèmes nécessaires pour soutenir certaines de ces valeurs mondiales communes profondément ancrées, les difficultés iront en augmentant, selon moi. Et ce que j’entends aussi, c’est qu’il y a de fortes chances que ces valeurs — à supposer qu’elles soient statiques, dans ce monde multipolaire où chacun aura des valeurs qui ne changeront pas et qui s’opposeront —, nous ne puissions pas nous les permettre.

Et j’entends encore l’idée que c’est une sorte de débat entre les États-Unis et la Chine, un genre d’ordre géotechnologique, mais quand on en parle, il est surtout question de la Chine, du problème de la Chine. Il y a très peu de discussions sur la façon dont les systèmes de valeurs des États-Unis pourraient changer et exercer des pressions sur les petits pays. Et donc, on semble croire qu’il s’agit de l’effet Trump pour le moment, et que tout reviendra à la normale une fois Trump parti. Nous devrions peut-être nous pencher là-dessus.

Un troisième point serait que comme ces changements géotechnologiques provoquent des problèmes géoéconomiques et géopolitiques, cela va accroître la concurrence géoéconomique sur des fondements scientifiques et technologiques. Mais beaucoup de gens ont aussi parlé de l’influence que cela aurait sur l’avenir militaire, possiblement encore une fois une augmentation des investissements militaires, peut-être pas de la même nature qu’avant, mais avec un sentiment accru de devoir se protéger contre différents acteurs qui ne sont pas nécessairement associés à un État, car l’infrastructure — Internet des objets — devient de plus en plus assujettie aux sciences et aux technologies. J’ai trouvé intéressant qu’au moins on en parle.

Et mon dernier point touche au fait que nous entendons beaucoup parler de la nécessité de réformer les organisations — les organisations qui rendent possible un ordre international fondé sur ces règles, la notion de démocratie. Il y a donc un grand besoin de prospective, je crois, car d’un côté, nous ne semblons pas aimer ce qu’il y a, donc le plus facile est de s’en débarrasser, comme certains semblent le suggérer. Mais aussi parce qu’il faut penser à ce dont le monde aura l’air une fois le statu quo rompu. Cependant, le but de cette réflexion n’est pas d’essayer de maintenir le statu quo, comme cela semble être le cas en ce moment, ni de simplement se donner un certain élan en attendant que la crise passe.

Ce que j’entends, c’est qu’il y a un réel besoin de revoir notre vision et les outils et organisations nécessaires pour la concrétiser. Et la pression est grande parce qu’on doit agir rapidement, sinon on se retrouve dans des impasses, par exemple celle où on aboutira si on ne réforme pas l’OMC d’ici 18 mois. Nous nous retrouvons alors dans une situation non souhaitable.

Si on veut faire partie de ceux qui forgent l’avenir, on doit agir rapidement. D’un autre côté, j’entends dire qu’on doit procéder lentement. Parce qu’il faut réfléchir, en faire une action collaborative, s’adresser aux citoyens, aux intervenants; tout cela prend du temps. Les décisions ne devraient pas être prises par des experts dans des tours d’ivoire. Il y a donc cette pression, et je ne sais pas comment nous allons nous en sortir, mais cela doit être fait.

Voilà les quatre sujets que j’ai trouvés intéressants. Mais par-dessus tout, il y a la transition de la plus ancienne conférence d’ESPAS vers celle-ci, qui fut des plus réussies.

[Pause]

J’étais là dès le début. Les participants ont commencé à affluer. (rires) C’est donc une preuve de succès, n’est-ce pas? Comme vous l’avez dit, beaucoup de gens viennent de très loin et nous prenons tous du temps en dehors de nos occupations régulières. Je pense que la conférence d’ESPAS a été une expérience merveilleuse pour nous tous, mais tout d’abord — je vais peut-être vous faire pleurer, je suis désolée — je tiens à vous féliciter, Ann. J’aimerais féliciter les coprésidents d’ESPAS, vous et Klaus Welle, pour l’excellent travail que vous avez accompli.

Je sais qu’il y a cinq ans, la prospective n’était pas très pratiquée au sein des institutions européennes. Donc, si vous voyez maintenant que quelqu’un a cette responsabilité à un haut niveau, je ne peux que vous féliciter. Je pense que c’est aussi grâce à cette organisation, à votre travail, à leurs excellentes équipes. C’était merveilleux de travailler avec vous tous. Je vous félicite et je pense que je peux parler au nom de tout le monde, alors que nous sommes en transition, comme vous l’êtes potentiellement. Merci sincèrement d’avoir organisé tout cela et de nous avoir donné l’occasion de nous rencontrer, de parler et d’avoir ces grands moments de réflexion.

Merci à Ann, merci à l’équipe qui est ici, merci à Ricardo, bien sûr, et merci aux autres nombreuses personnes ici que nous avons rencontrées.

Kristel Van der Elst
Kristel Van der Elst

Kristel est la Chef exécutive chez Horizons de politiques. Elle a près de 20 ans d’expérience dans l’élaboration de stratégies et de politiques prospectives. Elle est l’ancienne cheffe de la prospective stratégique du World Economic Forum et PDG du Global Foresight Group. Kristel est également professeure invitée au Collège d’Europe, membre du comité consultatif indépendant de l’initiative Global Burden of Disease, ainsi que auteure, conférencière, modératrice et facilitatrice. Kristel est aussi la fière mère de deux.

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