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L’avenir de l’Asie Rapports Travail complete

L’Avenir de l’Asie : Forces de changement et surprises potentielles – Rapport complémentaire

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Le secteur de l’énergie se lance dans une course technologique

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De quoi s’agit-il?
Pourquoi est-ce important?
Références

De quoi s’agit-il?

L’apparition, ou la réapparition, de réacteurs à fusion, alimentés à l’hydrogène ou au thorium, au côté d’autres solutions de production d’énergie de remplacement associées aux technologies renouvelables, aux réseaux intelligents et au stockage d’énergie, redessine le paysage énergétique de l’Asie. Une mutation mondiale s’opère : la suprématie n’est plus déterminée par la capacité d’extraire des ressources naturelles, mais plutôt par la rapidité du développement et de l’adoption des technologies.

Les signes les plus manifestes du changement tiennent aux taux de renouvellement et à l’augmentation du capital-actions pour la production d’électricité. Malgré le faible apport global des énergies renouvelables au capital-actions, celles-ci contribuent pour beaucoup et de plus en plus au renouvellement et aux entrées. En 2012, la Chine et le Japon étaient respectivement au premier et au quatrième rang des principaux investisseurs dans les énergies renouvelables au monde1. La même année, en Chine, la production d’énergie éolienne a augmenté dans une proportion supérieure à celle de la production à partir du charbon et, en 2013, la production globale d’énergie renouvelable (y compris l’hydroélectricité) a doublé3. Plus précisément, 57 % environ de la nouvelle capacité énergétique de la Chine provenait de ressources renouvelables en 2013, alors que cette proportion était de 34 % à 37 % au cours des trois années précédentes4. On prévoit que la croissance restera forte dans ce secteur. Selon les prévisions mondiales, entre 57 % (AIE) et 70 % (Bloomberg New Energy Finance) des nouvelles capacités de production d’électricité qui s’ajouteront de 2012 à 2030 utiliseront des technologies d’énergie renouvelable, y compris le recours à grande échelle à l’hydroélectricité5. On pense que ces prévisions vaudront aussi pour la Chine, où les énergies renouvelables pourraient alimenter plus de la moitié des nouvelles installations, ce qui menacerait la suprématie du charbon et attirerait des investissements à hauteur de 1,4 billion de $US. Le secteur de l’énergie de la Chine pourrait ainsi réduire ses émissions de carbone d’ici à 20276. L’AIE prévoit même que d’ici à 2035, la hausse de la capacité de production d’électricité de sources renouvelables de la Chine dépassera celle des États-Unis, de l’Europe et du Japon réunis7.

Encore aujourd’hui, le succès des énergies renouvelables dépend largement de l’intervention des gouvernements. Il s’avère toujours aussi difficile de trouver le bon équilibre entre les investissements et la demande. À la fin de septembre 2013, la Commission nationale pour le développement et la réforme de la Chine a haussé la surtaxe d’énergie renouvelable de 0,008 à 0,015 yuan par kilowattheure (0,25 $US) pour combler un manque à gagner dans les subventions accordées aux promoteurs de projets d’énergie renouvelable8. Le gouvernement chinois n’est pas contre l’idée d’intervenir dans le marché de l’énergie. En 2011, il a pris des mesures pour réfréner la surproduction des éoliennes et, de nouveau en 2013, pour stimuler la demande en énergie solaire en réaction à la concurrence mondiale en hausse. Même si les subventions demeureront nécessaires à moyen terme, l’électricité provenant de certaines sources pourrait atteindre des prix qui assureront la croissance de ces secteurs sans soutien du gouvernement10.

La transformation du secteur de la production énergétique en une course technologique met en jeu bien plus que les énergies renouvelables. L’évolution technologique constante touche des domaines comme le stockage de l’énergie (les batteries et les piles à combustible à hydrogène, notamment), la gestion de réseaux « intelligents », le contrôle de la circulation, la gestion énergétique des bâtiments, l’efficience des utilisations finales, les matériaux et la recherche d’autres sources d’électricité.

Bien que les grandes sociétés d’énergie telles BP, Exxon et Shell estiment qu’il faudra attendre jusqu’à la moitié, voire la fin du siècle pour voir s’installer une économie de l’hydrogène, il est indéniable qu’une mutation structurelle est en cours. La Chine a quelque peu assoupli ses politiques, mais elle n’en continue pas moins sa promotion très vigoureuse des véhicules à pile à combustible. BP et le ministère chinois de la Science et de la Technologie travaillent de concert pour doter Beijing du plus important poste de ravitaillement en hydrogène du monde. Selon les prédictions de BP, la production de masse de véhicules à pile à combustible sera réalité dans 10 ou 20 ans11. La Chine a déjà aboli les taxes de vente sur les véhicules à pile de construction chinoise, et Toyota et Honda prévoient un recul substantiel du coût de production de ces véhicules en 201512. D’après un rapport de l’organisme britannique Pike Research, 1 million de véhicules à pile à combustible sillonneront les routes d’ici à 2020, dont plus de la moitié dans la région de Shanghai13.

La Chine et l’Inde sont aussi à l’avant-plan dans le domaine de la recherche sur le thorium. L’Académie nationale des sciences de la Chine a investi 350 millions de dollars de fonds de démarrage dans la production d’énergie à partir du thorium. L’institut a recruté 140 docteurs en sciences et, d’ici à 2015, elle emploiera 750 docteurs en sciences qui travailleront à temps plein sur le thorium comme source d’énergie14. De même, l’Inde prévoit accroître la production d’énergie au thorium dans les années 2020. Si tout se déroule comme prévu, des réacteurs au thorium devraient combler 30 % des besoins en électricité de l’Inde d’ici à 205015. Les réacteurs au thorium et de quatrième génération garantissent une source d’énergie abondante et autonome, qui produit moins de déchets et laisse une empreinte carbonique moindre.

Pourquoi est-ce important?

L’adoption croissante de technologies pour produire de l’énergie transformera les forces concurrentielles dans ce secteur. Les courses technologiques mettent en relief la nécessité d’avoir une main-d’œuvre coopérative et novatrice, douée d’un savoir avancé et de solides capacités en matière de gestion et de gouvernance. Les politiques nationales en matière d’énergie et d’innovation doivent tenir compte d’enjeux commerciaux tels la protection de la propriété intellectuelle et le suivi des composants. Elles mettent aussi à l’épreuve la capacité des pays à surmonter les obstacles à l’adoption rapide des nouvelles technologies (d’ordre stratégique ou institutionnel, infrastructurel, informationnel, financier, etc.). Les précurseurs sont récompensés, mais il leur faut faire preuve d’une vigilance constante pour maintenir leur avantage concurrentiel. L’incursion des nouvelles technologies sera tributaire de l’action croisée d’un large éventail de politiques de promotion de l’innovation et de commercialisation, ainsi que des incitatifs et des redevances mis en place pour en stimuler l’adoption. L’adoption massive d’une technologie énergétique par le gigantesque marché chinois pourrait contribuer à un recul de son prix sur le marché mondial.

Pour les exportateurs majeurs de combustibles fossiles, l’évolution des technologies énergétiques pose un risque de « délaissement des actifs ». En effet, l’évolution de la demande, la baisse des prix et l’incapacité à s’adapter pourraient les forcer à « abandonner » des investissements existants. Les investissements colossaux de la Chine dans les énergies de remplacement pourraient ainsi mettre en péril les actifs houillers australiens, mais ils pourraient aussi stimuler l’avancement des projets de gazéification16.

Références

  1. Renewables 2013 Global Status Report, REN21 Secretariat, 2013. http://www.ren21.net/Portals/0/documents/Resources/GSR/2013/GSR2013_lowres.pdf(link is external)
  2. Ibid.
  3. « China Doubles Renewable Energy Capacity Amid Pollution Cut Push », Bloomberg News, décembre 2013. http://www.businessweek.com/news/2013-12-04/china-doubles-renewable-energy-capacity-amid-pollution-cut-push(link is external)
  4. J. Matthews, et H. Tan. « China roars ahead with renewables », The Conversation, décembre 2013. http://theconversation.com/china-roars-ahead-with-renewables-21155(link is external)
  5. « Strong growth for renewables expected through to 2030 », Bloomberg New Energy Finance, avril 2013. http://about.bnef.com/press-releases/strong-growth-for-renewables-expected-through-to-2030(link is external)
  6. « China’s power sector heads towards a cleaner future », Bloomberg New Energy Finance, août 2013. http://about.bnef.com/press-releases/chinas-power-sector-heads-towards-a-cleaner-future/(link is external)
  7. P. Coy. « Green China? It Leads the World in Adding Renewable Electricity », Bloomberg BusinessWeek, novembre 2013. http://www.businessweek.com/articles/2013-11-21/green-china-it-leads-the-world-in-adding-renewable-electricity(link is external)
  8. W. Ma. « China Boosts Renewable-Energy Surcharge », The Wall Street Journal, août 2013. http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424127887324324404579044592532822898(link is external)
  9. « Revolution Now: The Future Arrives for Four Clean Energy Technologies », U.S. Department of Energy, septembre 2013. http://www.doe.gov/articles/cleantechnow-america-s-clean-energy-revolution(link is external)
  10. A. Brown et S. Müller. « Deploying Renewables 2011 », International Energy Agency, 2011. http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/Deploying_Renewables2011.pdf(link is external)
  11. « How far is hydrogen economy away from us? », BP. Site Web : http://www.bp.com/extendedgenericarticle.do?categoryId=9011373&contentId=7026696(link is external)
  12. M. Rechtin. « Toyota: Cost to develop fuel cell cars falls », Automotive News, mai 2013. http://www.autonews.com/article/20130506/OEM06/305069944/toyota:-cost-to-develop-fuel-cell-cars-falls#axzz2hBCURy7E(link is external)
  13. One million Fuel Cell vehicles expected on the road by 2020, Scottish Hydrogen and Fuel Cell Association, 2013. http://www.shfca.org.uk/news_article/234/(link is external)
  14. A. Evans-Pritchard. « China blazes trail for ‘clean’ nuclear power from thorium », The Telegraph, janvier 2013. http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/9784044/China-blazes-trail-for-clean-nuclear-power-from-thorium.html(link is external)
  15. India to build more thorium nuclear reactors, Asian Power, juillet 2012. http://asian-power.com/power-utility/in-focus/india-build-more-thorium-nuclear-reactors(link is external)
  16. B. Caldecott, J. Tilbury et Y. Ma. Stranded Down Under? Environment-related factors changing China’s demand for coal and what this means for Australian coal assets, Oxford University, décembre 2013. http://www.smithschool.ox.ac.uk/research/stranded-assets/Stranded%20Down%20Under%20Report.pdf(link is external)
  17. M. Chambers « LNG tipped to lift economy as coal volume slides », The Australian, octobre 2013. http://www.theaustralian.com.au/business/mining-energy/lng-tipped-to-lift-economy-as-coal-volume-slides/story-e6frg9df-1226731852113
Mots-clés :
Policy Horizons | Horizons de politiques

Horizons de politiques Canada, également connu sous le nom de Horizons de politiques, est une organisation au sein de la fonction publique fédérale qui mène des activités de prospectives stratégiques sur des enjeux transectoriels qui informent les fonctionnaires sur les conséquences des politiques publiques possibles au cours des 10 à 15 prochaines années.

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