Élargir l'accès aux résultats de la recherche

Auteur (s): 

Alan Painter, Horizons de politiques Canada

Type de document: 

Note d'information sur les politiques

Date de publication: 

2011-12

Numéro ISBN: 

PH4-107/2011F-PDF
978-1-100-98477-3

Média substitut: 

NOTE: Hyperliens

  Tous les liens étaient valides à la date de publication.

laquo; Les progrès des technologies de l'information et des communications perturbent les modèles traditionnels des publications savantes et transforment de fond en comble notre capacité de reproduire, distribuer, contrôler et publier de l'information. La question essentielle est de savoir s'il existe de nouvelles possibilités et de nouveaux modèles de publications savantes qui conviendraient mieux aux chercheurs et permettraient une meilleure communication et diffusion des résultats des recherches. »
– John Houghton et al1.

On décèle à l'heure actuelle une occasion de collaboration avec la collectivité de la recherche au sein comme en dehors du gouvernement fédéral dans le but de multiplier les avantages découlant de la recherche financée par le gouvernement fédéral et ses partenaires.

Plusieurs engagements fédéraux récents favorisent un accès élargi aux résultats de la recherche :

  • La Stratégie fédérale en matière de sciences et de technologie de 2007 renfermait un engagement à responsabiliser davantage les Canadiens en améliorant les instruments de mesure des impacts des dépenses fédérales en recherche et les rapports à cet égard. Selon la conclusion d'une étude de suivi, il serait utile que les chercheurs bénéficiant d'un financement externe se fassent un devoir de faire rapport sur les impacts.
  • En 2010, les organismes de subvention à la recherche universitaire ont adopté comme principe directeur de rendre la recherche financée par le secteur public aussi accessible que possible afin d'en maximiser les avantages économiques, sociaux, culturels et pour la santé des Canadiens.
  • L'annonce de gouvernement ouvert faite en mars 2011 renfermait un engagement à rendre l'information gouvernementale plus facile à trouver et plus accessible pour les Canadiens.

La collectivité canadienne de la recherche explore de nouvelles façons de mettre les résultats de ses recherches à la disposition d'autres chercheurs, des Canadiens et du monde entier2. Un document de synthèse de 2011, dont l'élaboration a été financée par le Conseil de la recherche en sciences humaines dans le cadre de son aide à la recherche en économie numérique, présente une vision très large de la manière de rénover le processus de recherche et décrit les innovations canadiennes dans les publications universitaires numériques3. Ce document donne aussi des exemples de la manière dont les organismes subventionnaires fédéraux élaborent des politiques et des programmes favorisant un accès ouvert aux résultats de la recherche. D'autres pays ont entrepris des analyses et des initiatives semblables : voir, par exemple, les analyses publiées sur le blogue de la London School of Economics (LSE)4 concernant
« l'impact des sciences sociales ».

Sous la direction de l'Australien John Houghton, des chercheurs ont exploré les coûts et les avantages d'autres approches de la publication des résultats de la recherche. Diverses approches ont été systématiquement comparées au statu quo dans les cas du R.-U., des Pays-Bas, du Danemark, de l'Allemagne et des É.-U. Dans le but d'assurer la faisabilité de comparaisons utiles, toutes les approches explorées comprenaient les fonctions d'évaluation par les pairs, de certification et de contrôle de la qualité nécessaires aux publications savantes officielles.

À des fins d'illustration, les auteurs de l'étude étatsunienne ont analysé les coûts et les avantages qu'il y a à exiger des chercheurs financés par Washington de donner gratuitement accès sur Internet au texte définitif de tout article de revue qui en résulte dans les six mois suivant la publication de l'article. Se fondant sur des modèles préliminaires, les auteurs de l'étude en viennent à la conclusion que les avantages graduels seraient environ huit fois supérieurs aux coûts et que les É.-U. bénéficieraient des deux tiers de ces avantages, le reste des retombées bénéficiant à d'autres pays. Les résultats de l'analyse de sensibilité présentés dans l'étude donnent à croire que les avantages graduels dépasseraient les coûts pour toutes les valeurs plausibles de données entrées et de paramètres du modèle.

De façon plus générale, leurs résultats donnent à penser que les avantages d'une initiative bien conçue en vue d'accroître l'accessibilité aux résultats de la recherche dépasseraient de loin les coûts dans tout un éventail de pays (grands et petits). La clé semble résider dans la plus grande facilité pour les utilisateurs d'accéder aux résultats de la recherche.

Les études peuvent soulever quelques doutes. Tout d'abord, elles ne semblent pas avoir été soumises à une évaluation systématique par les pairs. Deuxièmement, on peut se poser des questions sur certaines hypothèses. Ainsi, la proportion de temps passé par les chercheurs à lire et à rédiger des articles de revues peut entraîner une surestimation autant qu'une sous-estimation de la proportion des connaissances qu'ils en retirent.

Au-delà de ces mises en garde, les travaux de Houghton et de ses collègues méritent qu'on les examine avec soin, dans la lignée des récents engagements fédéraux et des activités de la collectivité universitaire canadienne et des conseils subventionnaires. Ces nouveaux développements éludent la question de savoir ce que le gouvernement et la collectivité universitaire peuvent faire de plus pour accroître l'accessibilité aux résultats de la recherche.

Références

  1. Canada, 18 mars 2011. Le renforcement du gouvernement ouvert.
  2. Canada, 2007. Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada.
  3. Projet de recherche sur les politiques, 2010. Améliorer la mesure, la production des rapports et l'évaluation des activités fédérales en sciences et technologie.
  4. Canada, 2010. Accès aux résultats de recherche : Principes directeurs.
  5. Site Web du Centre of Strategic Economic Studies at Victoria University, qui propose des hyperliens vers des rapports et des modèles.
  6. Houghton, John, 2010. Economic Impacts of Open Access in Europe and the US, communication devant l'Annual Munin Conference, Université de Tromso.
  7. Lorimer, Rowland et al., 2011. Digital Technology Innovation in Scholarly Communication and University Engagement, Canadian Centre for Studies in Publishing.

Notes

1. John Houghton et al., 2009. Economic Implications of Alternative Scholarly Publishing Models: Exploring the Costs and Benefits, A Report to the Joint Information Systems Committee page IX [traduction libre]. La deuxième phrase est tirée de John Houghton et Graham Vickery, 2005. Digital Broadband Content: Scientific Publishing, OCDE [traduction libre].

2. ResearchImpact représente un effort de collaboration avec York University, l'University of Saskatchewan, l'University of Guelph, l'Université du Québec à Montréal, l'University of Victoria et la Memorial University dans le but d'établir le lien entre la recherche universitaire et les utilisateurs de la recherche au Canada et de faciliter la prise de décision orientant la recherche. Yaffle.ca est une initiative en ligne à la Memorial University destinée à faire le lien entre les résultats de la recherche et les préoccupations et intérêts de la collectivité.

3. Les exemples donnés pour le Canada dans Lorimer et al. (2011) sont Synergies, Érudit et le Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR).

4. Le blogue de la London School of Economics (LSE).