Réseau pour la gestion intégrée et l’information géospatiale pour l’environnement – Bâtir une vision commune

Auter(s): Horizons de politiques Canada
Type de document: Archives
Date de publication: Dimanche, Mars 1, 2009 - 5:00am
INuméro ISBN: PH4-53/2009E-PDF ISBN , 978-1-100-12133-8
Média substitut: 2009-0013-fra.pdf

La planification à long terme destinée à garantir la viabilité sociale, économique et environnementale, tant au Canada qu'ailleurs dans le monde, se heurte à des obstacles pratiques. Citons, entre autres, l'incapacité des organismes décisionnaires à suivre les avancées rapides dans les domaines du développement et des nouvelles technologies, et des structures de gouvernance périmées qui n'ont simplement pas été conçues pour prendre en compte les effets cumulatifs. Les approches en gestion intégrée, qui combinent l'information scientifique, géographique et socioéconomique, ainsi que l'information sur les politiques, se révèlent de plus en plus comme des outils de choix pour la gestion des objectifs, des effets cumulatifs et des enjeux relatifs à l'environnement dans les secteurs aquatique, terrestre et maritime. Le Canada est un chef de file dans l'émergence d'applications géospatiales et leur utilisation. On mentionnera à titre d'exemple l'utilisation depuis plusieurs décennies de modèles géospatiaux par les gestionnaires du secteur forestier, ainsi que la gestion des besoins en matière de routes, de ressources en eau et d'infrastructures en Alberta, où une approche multi-sectorielle est de mise.

L'évolution dans le domaine de l'informatique et des systèmes d'information géographique (SIG) ces vingt dernières années a permis une croissance remarquable des applications géospatiales au service des décideurs sectoriels et de ceux qui sont chargés des politiques. De telles applications sont toutefois largement ignorées dans les processus décisionnels en raison d'un manque de mécanismes appropriés pour faciliter les échanges entre les zones de compétence, les secteurs et les disciplines. Entre 2005 et 2007, une série d'ateliers ont été organisés pour préciser la nature de ces insuffisances ou de ces lacunes, et pour déterminer quels sont les outils permettant de remédier à cette situation, notamment i) le transfert et l'intégration de renseignements et de données adéquats entre les organismes; et ii) l'utilisation de données et d'information pour l'analyse des interactions complexes, des risques et des incertitudes relativement aux politiques individuelles ou interdépendantes.

Ces ateliers ont permis de dégager une vision fondée sur une approche concertée et multilatérale entre les secteurs, les disciplines et les zones de compétence. Il s'agit d'une approche technique, qui prend en compte les risques et les politiques, mais également la mise en oeuvre. Il s'agit, on s'en doute, d'une gestion adaptative. Le projet Réseau pour la gestion intégrée et l'information géospatiale pour l'environnement — IMAGINE Canada est le fruit de ce processus.

Pendant les dix-huit mois à venir, IMAGINE Canada va examiner et mettre à l'essai des stratégies pour la mise en place des niveaux de communication, d'apprentissage et d'échange nécessaires entre les décideurs techniques, opérationnels et ceux chargés des politiques, afin d'encourager cette approche pour la gestion intégrée du paysage.

Synthèse

L'évolution des pratiques dans les domaines de l'évaluation environnementale et de la planification intégrée du « paysage » font apparaître plus clairement le lien étroit qui existe entre elles. Les cadres de travail des intervenants des secteurs public et privé sont ceux de la gestion intégrée des écosystèmes, de la gestion axée sur les écosystèmes, ainsi que de la gestion intégrée des ressources et de l'environnement. Une communauté de pratique vouée à des approches plus intégrées et plus globales en matière de planification, de conservation et de gestion des environnements terrestres et aquatiques commence à émerger. Et pourtant, on constate une faiblesse des échanges entre les intervenants dans le domaine de la communication et de l'apprentissage; des liens essentiels entre la planification et l'évaluation bien souvent ne se font pas. Deux ateliers d'experts1 ont démontré récemment que c'est effectivement le cas au Canada.

Afin de soutenir et d'encourager une communauté de pratique cohérente, GéoConnexions appuie le développement d'un réseau national d'intervenants et d'experts en gestion intégrée du paysage (GIP) dans tout le Canada. Ce réseau porte le nom d'IMAGINE Canada– Réseau pour la gestion intégrée et l'information géospatiale pour l'environnement. Les objectifs d'IMAGINE Canada sont les suivants :

  • améliorer l'état de préparation à la planification des travaux d'aménagement intégré du territoire des décideurs canadiens travaillant dans le domaine de l'utilisation des terres;
  • faire mieux connaître les outils, les techniques et les approches de pointe et encourager leur utilisation dans la gestion intégrée du paysage;
  • appuyer les processus décisionnels au sein des régions, en accordant une attention particulière aux effets globaux ou interdépendants des activités de développement générées par différents secteurs.

La coordination d'IMAGINE Canada sera assurée par GéoConnexions, en partenariat avec le Secrétariat du GIP nouvellement mis sur pied au sein d'Environnement Canada, divers comités consultatifs fédéraux et externes, et avec l'appui du Programme de mesure et d'évaluation de l'Institut international du développement durable (IIDD). GéoConnexions appuiera à partir de mai 2008 cinq secteurs retenus pour des projets pilotes à travers le Canada. Il est prévu que le Réseau GIP accumule dans un premier temps l'information et les ressources en provenance et à l'intention des cinq secteurs retenus pour les projets pilotes, grâce à des travaux de recherche, à l'examen des connaissances acquises, au suivi des projets pilotes et au soutien qui leur est apporté. Les objectifs clés pendant cette période sont une meilleure compréhension des besoins et des difficultés de la GIP, ainsi que la collecte d'information concernant la manière de surmonter ces difficultés et de répondre aux besoins essentiels.

Dans le cadre de ce processus, GéoConnexions, le Secrétariat du GIP et l'IIDD ont organisé un atelier de mise en place du réseau les 4 et 5 mars 2008 à Winnipeg, au Manitoba. Il s'agissait d'une étape importante pour définir les grandes orientations du réseau. Pendant deux jours, les représentants du projet ont donné conseils et avis d'experts concernant les besoins relatifs à la GIP, afin d'établir la base des besoins et des objectifs pour le réseau dans son ensemble. Les participants ont également uni leurs efforts pour préciser leurs propositions de projet et rédiger des plans de mise en oeuvre susceptibles d'avoir un impact réel et durable sur les politiques et les conditions environnementales, économiques et sociales dans les régions.

Les autres points abordés sont les suivants :

  • les objectifs du réseau GIP en ce qui concerne les activités et les besoins de la GIP;
  • les difficultés, ainsi que les approches et les outils utilisés par d'autres sites pilotes candidats à la GIP;
  • comment un réseau GIP canadien peut aider les sites pilotes à surmonter les difficultés relatives à la gestion intégrée du paysage.

Ce rapport a pour objectif de rendre compte des travaux de l'atelier pour la mise en place du réseau, dans le contexte plus large du réseau GIP naissant. Des renseignements généraux sur le réseau sont donnés ci-dessous. Ils comprennent :

  • son historique, sa logique sous-jacente et sa structure d'ensemble;
  • l'objet, les objectifs et les activités de l'atelier;
  • les résultats clés de l'atelier et les prochaines étapes du réseau GIP.

1 Introduction

Les dernières décennies ont vu s'accroître de façon notable les efforts en vue d'encourager les activités de gestion des terres, des eaux et des océans à travers tout le Canada2. Les processus entourant la gestion et la prise de décision ont été confrontés à une évolution complexe et rapide des changements dans le domaine des nouvelles technologies, à la croissance d'activités concurrentes et souvent cumulatives, et à une tendance vers une ponction plus grande des ressources. La portée et la complexité grandissantes du développement régional et des activités de conservation ont représenté une difficulté pour les pratiques entourant l'évaluation environnementale (EE), qui ont eu tendance à porter uniquement sur des projets individuels, au détriment des effets cumulatifs et interdépendants d'aménagements multiples dans un même secteur. Compte tenu de l'incidence possible des changements climatiques, les EE devront dorénavant garantir une plus grande intégration de l'information concernant des activités proposées ou en cours au sein d'un secteur géographique plus large, afin de déterminer et de comprendre l'importance des risques, quels qu'ils soient, à partir d'analyses prévisionnelles ou d'analyses sur les effets cumulatifs.

Pour être efficace, la gestion intégrée du « paysage » doit être imbriquée au sein de processus décisionnels tenant compte des facteurs sociaux, économiques et environnementaux dans leur ensemble pour parvenir à des objectifs de développement durable plus globaux et plus prospectifs3.

À l'heure actuelle cependant, l'inclusion de la planification intégrée et des connaissances issues de l'évaluation au sein des processus décisionnels est retardée en raison des approches existantes en matière d'information et de gouvernance. Ces approches :

  • divisent les activités relatives à la prise de décision en fonction des secteurs et des zones de compétence;
  • influencent la collecte et l'entreposage de l'information (et des données) en fonction des disciplines et des secteurs.

Des données géospatiales qui soient utilisées et analysées dans le cadre de systèmes ou de procédures de gestion de l'information plus larges pour appuyer les processus décisionnels, et l'atteinte d'une meilleure compréhension des besoins scientifiques et informationnels des décideurs régionaux — voilà deux premières étapes importantes pour une gestion et une évaluation intégrées du paysage. La gestion intégrée du paysage (GIP)4 se révèle comme un moyen méthodique et pratique pour gérer les compromis et repérer les situations bénéfiques pour tous parmi les conditions environnementales, économiques et sociales à travers le temps, l'espace et les zones de compétence. En raison peut-être de l'étendue des provinces et territoires du Canada, un certain nombre d'approches et d'outils relatifs à la GIP ont été implantés à travers le pays ces vingt dernières années. Bien que l'arrivée d'ordinateurs plus rapides et de nouvelles applications géospatiales aient fait progresser les méthodes, peu d'applications GIP ont été intégrées aux processus décisionnels.

Le projet présenté dans le rapport Réseau pour la gestion intégrée et l'information géospatiale pour l'environnement — IMAGINE Canada, est un effort conjoint pour mieux comprendre les besoins des décideurs canadiens en matière d'information, de données et d'intégration, et pour déterminer les façons de promouvoir une communauté de pratique parmi des intervenants GIP nationaux toujours plus nombreux. La mise en place d'un réseau GIP national se fera dans un premier temps dans cinq régions pilotes, à partir desquelles l'intégration et l'analyse de l'information multidisciplinaire aux processus décisionnels sera encouragée à l'échelle régionale. Grâce à des activités particulières à certains sites et à des analyses à l'échelle du réseau, on pourra déterminer quelles sont les principales difficultés et faire le point sur les connaissances acquises. L'information obtenue sera fondée sur des données scientifiques et sera donc pertinente pour les décideurs, grâce à l'utilisation d'approches et d'outils GIP novateurs.

En ce qui concerne les sites, IMAGINE Canada fera le suivi des activités menées par cinq équipes de projets pilotes relativement à l'utilisation et l'élaboration des approches et des outils de la GIP. De même, on sollicitera les avis et les enseignements tirés par d'autres intervenants de la GIP à travers le Canada et ailleurs dans le monde.

À l'échelle du réseau, on s'emploiera surtout à valoriser les connaissances acquises grâce à ces expériences, dont les divers besoins et les rôles au sein du réseau. Ces informations serviront à développer une base de ressource publique « vivante » capable d'appuyer le nombre grandissant d'intervenants en GIP à travers le Canada.

 

2016-08-05