L’évaluation des approches adaptées au milieu : Questions pour une recherche plus poussée

Auter(s): Teresa Bellefontaine, Horizons de politiques Canada, Robin Wisener, Myro & Partners
Type de document: Archives
Date de publication: Mercredi, Juin 1, 2011 - 4:00am
INuméro ISBN: PH4-80/2011F-PDF, 978-1-100-97458-3

*Les opinions exprimées dans ce document sont celles des auteurs.

1. Introduction

Les approches coopératives adaptées au milieu (AAM) sont devenues un moyen d’aborder des questions extrêmement complexes : celles qui ont de nombreuses causes interdépendantes et qui semblent exiger de nombreux intervenants pour élaborer une réponse coordonnée (Shugart et Townsend, 2010). Certaines questions épineuses couramment associées aux AAM incluent le changement climatique, la pauvreté, l’obésité, la criminalité, les obstacles auxquels sont confrontés les peuples autochtones, et la gestion des ressources naturelles (Australian Public Service Commission, 2007).

On définit la complexité comme un défi dans toutes les disciplines, en particulier dans le secteur public (Venema et Drexhage, 2009). Les approches adaptées au milieu ont été définies comme un moyen possible [1] d’aborder ces questions ardues et elles gagnent du terrain au Canada[2] et à l’échelle internationale. Le Projet de recherche sur les politiques du gouvernement du Canada (maintenant Horizons de politiques Canada) a publié deux numéros connexes d’Horizons– Territoires viables et Les communautés novatrices – qui explorent de façon plus approfondie l’augmentation du nombre d’approches adaptées au milieu et l’innovation sociale, ainsi que le rôle du gouvernement fédéral à ce sujet.

Tableau 1 : Caractéristiques communes des approches adaptées au milieu

  • Sont conçues (ou adaptées) au niveau local pour répondre à des conditions particulières;
  • Incitent les intervenants de divers secteurs et administrations à participer aux processus décisionnels collaboratifs;
  • Sont fondées par les possibilités et tributaires des ressources, contraintes et talents locaux;
  • Ont un processus en évolution en raison de l’apprentissage adaptatif et des intérêts des intervenants;
  • Visent à réaliser des synergies par l’intégration des cloisonnements administratifs, des secteurs de compétence et des dimensions de la durabilité;
  • Exploitent les actifs et les connaissances grâce à la prise en charge partagée de l’initiative;
  • Visent fréquemment à provoquer des changements de comportement.

On peut tout simplement définir les approches adaptées au milieu comme suit : des intervenants qui participent à un processus collaboratif pour s’attaquer aux problèmes rencontrés dans un lieu géographique, qu’il s’agisse d’un quartier, d’une région ou d’un écosystème. Ces approches ont des caractéristiques communes (voir le tableau 1) qui remettent en question les notions habituelles de l’évaluation (Coote et coll., 2004; Federal Family, 2008; PRP, 2010b; RGI, 2010). Les évaluateurs restent confrontés à des difficultés tenaces : la nature des systèmes ouverts, les objectifs à long terme, la responsabilisation dans les processus collaboratifs à intervenants multiples et, en particulier, la mesure. Un atelier tenu en mars 2010 à l’Université Carleton a exploré les priorités territoriales actuelles pour le gouvernement fédéral.

Les universitaires et les représentants du gouvernement du Canada ont reconnu la participation croissante du gouvernement fédéral aux AAM au Canada, et la nécessité de mieux répondre à la question : comment savoir si les AAM fonctionnent (RGI, 2010)? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de déterminer si les AAM fonctionnent, quand elles fonctionnent, et dans quelles conditions; et s’il existe des processus d’évaluation efficaces qui permettraient aux gouvernements de le savoir. Ces questions accompagnaient une demande faite au gouvernement fédéral d’adopter de nouvelles mesures de rendement qui tiennent compte de l’incertitude, qui soient ouvertes et transparentes, et axées sur les résultats » (RGI, 2010: 9).

« Le gouvernement fédéral [canadien] peut créer des outils pour évaluer l’efficacité des initiatives adaptées au milieu, et concevoir ses propres mesures de rendement, en s’assurant qu’elles tiennent compte des besoins locaux, en incluant des indicateurs de rendement locaux » [Traduction]
- RGI (2010 : 2)

« Le gouvernement fédéral [canadien]peut créer des outils pour évaluer l’efficacité des initiatives adaptées au milieu, et concevoir ses propres mesures de rendement, en s’assurant qu’elles tiennent compte des besoins locaux, en incluant des indicateurs de rendement locaux » [Traduction] ‐ RGI (2010 : 2)

Le présent document étaye les caractéristiques des AAM et les raisons pour lesquelles il convient de les évaluer plus efficacement pour pouvoir analyser les options d’évaluation, en particulier dans la fonction publique. Nous visons à soulever des questions du point de vue de la recherche territoriale, et concluons en proposant des domaines de recherche supplémentaires. En examinant l’ensemble des secteurs stratégiques, nous visons à encourager l’établissement d’une base de connaissances plus vaste pour les AAM. Un réseau interministériel de fonctionnaires fédéraux qui travaillent sur des questions territoriales  et un comité consultatif de praticiens de l’évaluation ont contribué à l’élaboration du présent document. (Voir la liste complète en annexe)

Notes

[1] Nancy Roberts, par exemple, a analysé trois réponses possibles : les stratégies collaboratives, les stratégies impératives et les stratégies compétitives. Elle conclut que les stratégies collaboratives sont les plus appropriées pour les questions épineuses (Roberts, cité dans Australian Public Service Commission, 2007 : 9).

[2] Voir le Projet de recherche sur les politiques, Horizons : Territoires viables, volume 10, numéro 4, pour un survol des approches adaptées au milieu au Canada.

2016-08-05